Journaux 4M7 - LIGUE WALLONNE BRUXELLES
Ligue Wallonne Bruxelles

 

 

Journaux "4 millions 7" de l'année 2013

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Journaux "4 millions 7" de l'année 2012, de janvier à décembre


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« 4 millions 7 »

mars 2014

 

ÉDITORIAL

 

         Une étrange euphorie semble s'être emparée de nos dirigeants francophones : ils ont acheté un nouveau sursis en consentant à la sixième réforme de l'État, et notre situation économique est, paraît-il, meilleure que celle des pays voisins.

 

         Ces illusions dangereuses doivent être dissipées

 

         Illusion économique d'abord, car les indicateurs brandis à tour de bras sont des moyennes se rapportant au Royaume. Nos gouvernants se gardent bien d'afficher les résultats des Régions wallonne et bruxelloise qui devraient leur importer en premier lieu, puisque c'est là-dessus qu'ils auront des comptes à rendre en mai : avec un taux de chômage de plus de 14% en Wallonie et de plus de 20% à Bruxelles, notre situation n'est pas meilleure que celle des régions et pays voisins. Au contraire, elle est pire !

 

         Illusion quant à la réforme de l'État, (qu'ils disent n'avoir pas voulue et dont les citoyens francophones peinent à en percevoir l'intérêt). Son financement, qui n'est pas assuré au-delà de la période transitoire de dix ans, menace déjà les politiques de santé et de bien-être de nos Régions. En effet, seuls 85% des moyens qui y étaient affectés seront transférés : l'État fédéral réalise ainsi de manière sournoise et asociale une partie de son programme d'assainissement budgétaire.

 

         La scission de l'arrondissement électoral de B.H.V. a été concédée sans élargissement de la Région bruxelloise, malgré l'engagement unanime des partis francophones. D'autre part, l'exercice de la démocratie et des droits linguistiques de la majorité dans les six communes « à facilités » reste suspendu à des procédures juridictionnelles dont l'issue est aléatoire. Quant à la réforme de l'arrondissement judiciaire, elle se solde finalement par des cadres linguistiques défavorables aux magistrats et personnels francophones. Enfin, l'inanité de la communauté métropolitaine, –dont on se demande d'ailleurs si elle sera jamais installée–, est démontrée par le projet d'élargissement du périphérique (« ring »), décidé sans véritable concertation par le gouvernement flamand.

 

Tout est « communautaire »

 

         L'apaisement vanté est-il au rendez-vous ? Et surtout, durera-t-il ? L'expérience apprend qu'après chaque dévolution de compétences aux Régions et Communautés, le contentieux entre les deux nationalités qui composent la Belgique se déplace en se concentrant sur les enjeux restés fédéraux. La flamandisation du corps des officiers généraux, l'intégration à marche forcée de l'armée dans celle des Pays-Bas, le dossier du remplacement des avions de combat et la menace sur la base aérienne de Florennes en sont une indication, malgré le récent sursaut des députés francophones qui ont imposé une visite de la Commission de la Défense de la Chambre à sa consœur de l'Assemblée nationale de Paris.

 

         Les désaccords entre Flamands et Wallons sur la politique extérieure ont, il est vrai, plus d'un siècle. Dans un contexte certes différent, Jules DESTRÉE interpellait déjà en février 1913 sur la dangereuse exposition de la Wallonie à l'invasion (1). Les récentes interventions de la N-VA contre la participation de la Belgique à l'Organisation Internationale de la Francophonie et un éventuel soutien à l'opération militaire en Centrafrique sonnent à nos oreilles comme l'écho jamais affaibli du « Los van Frankrijk » vociféré dans les années '20 et '30.

 

La montée des périls

 

         En désignant d'emblée comme son adversaire principal un parti qui n'est pas son concurrent électoral, Bart de Wever annonce la couleur : dans un pays qui juxtapose deux sociétés distinctes, il s'agira d'imposer, sans état d'âme, le modèle néolibéral qui a la faveur du peuple le plus nombreux, sous la menace d'un « confédéralisme » qui conduit à la dislocation de l'État. Les faibles protestations émises lorsque la N-VA a dévoilé son programme institutionnel ne doivent pas faire illusion : les partis traditionnels flamands ne lui opposeront aucune résistance sérieuse.

 

         Au contraire, Stefaan de Clercq (CD&V) exprime sa nostalgie du cartel avec la N-VA, la nationalisme, dit-il, faisant partie de l'ADN (sic) des démocrates-chrétiens (flamands). D'autres assurent que « cette fois » il faut un gouvernement fédéral qui s'appuie sur une majorité flamande à la Chambre, avec un Premier Ministre flamand, même si personne ne paraît candidat. Or, les sondages indiquent un renforcement de la NV-A par rapport aux élections législatives de 2010, (elle passerait de 28 à 32%). D'ailleurs, l'opinion flamande approuve ses positions sur la scission de la Sécurité Sociale ainsi que sur la mise sous tutelle de Bruxelles, dont les habitants seraient sommés de choisir entre deux nationalités, la flamande ou la francophone. Ce dernier point peut étonner : il s'agit d'un simple rappel du programme constant du mouvement flamand et la justification principale de la préférence donnée au confédéralisme sur l'indépendance (de la Flandre) : il faut imaginer un montage institutionnel qui permette à la Flandre de ne pas lâcher Bruxelles.

 

         Dès lors que la date des élections régionales et fédérales coïncide cette fois, et que la formation du gouvernement flamand (probablement sur le modèle N-VA, CD&V, Open VLD) précèdera probablement celle du gouvernement fédéral, une nouvelle crise majeure du régime est prévisible... Entre temps, certains anciens « demandeurs de rien » ont découvert quelque chose à revendiquer : la création par l'État fédéral d'un nouveau réseau d'enseignement bilingue à Bruxelles. Les auteurs de cette proposition farfelue semblent avoir choisi pour modèle des relations entre francophones et Flamands la définition étrange de l'amour, formulée naguère par Jacques LACAN : « donner ce qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas »...

 

Conclusions

 

         Face à une consolidation à la hausse de la NV-A en Flandre, dans le Sud, la dispersion des intentions de vote des francophones, l'affaiblissement du Parti socialiste et la montée en force de partis radicaux, tant à gauche qu'à droite, montrent le désarroi profond d'une opinion publique qui n'est pas dupe de l'optimisme affiché par les princes qui nous gouvernent.

 

         « Jusqu'ici tout va bien » se dit le fou tombé par la fenêtre, qui voit défiler les étages... Bien fou, en effet, celui qui croit que la Flandre continuera à accepter des transferts financiers de 3,5 milliards d'Euros par an, en même temps qu'un modèle d'État social qui n'est pas le sien...

 

         Bien fou aussi, celui qui croit que la Wallonie autonome pourrait s'en sortir seule : quels que soient les mérites des plans MARSHALL ou autres qu'elle a concoctés, le rythme de son redressement n'est pas accordé à celui des impatiences flamandes.

 

         Bien fou encore, celui qui croit que Bruxelles, enclavée et sans profondeur stratégique, pourrait réduire sa fracture sociale et répondre au défi démographique, en matière d'enseignement, d'emploi et de logement, dans le cadre illusoire d'un statut de « Ville Libre » ou de capitale européenne, tout en préservant son autonomie et son identité culturelle française.

 

         Qui, dans le microcosme politico-médiatique, tiendra enfin un discours de vérité, sans précautions ni faux-semblants ?

 

         Il n'est pas d'autre avenir que dans une union étroite entre la Région de Bruxelles (élargie aux communes de la périphérie où les francophones sont majoritaires) et la Wallonie, sous la forme d'un État commun, largement régionalisé pour respecter la personnalité de ses composantes, et qui sera libre de développer et d'approfondir ses liens naturels avec la France.

 

(1) Paul Delforge, la Wallonie et la Première Guerre Mondiale, Institut Destrée, Namur, 2008, page7.

 

 

SOMMAIRE

 

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POLITIQUE

 

Crèches en danger, SOS crèches ?

Alain MAHIAT

 

Les francophones de Flandre privés de représentant à la Commission Nationale du Pacte Culturel

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Europe, francophonie, Bruxelles

Résumé établi sur base de notes de J-F. GOOSSE

 

Un ring élargi, une décision rétrograde (suite)

Source : Diagnostic. Décembre 2013

 

 

CULTURE & LITTÉRATURE

 

Avril 1814. Abdication de Napoléon

 

Lu pour vous :

Au gré du jour, au gré du vent...

Journal 2011-2012 de France BASTIA

MAROUCHA

 

 

                                             Dans ce numéro,

                                       le supplément

                            France Wallonie-Bruxelles

                                  mars 2014.      


                              

 



« 4 millions 7 »

février 2014

 

ÉDITORIAL

 

         L'année dernière a été importante pour notre association. La célébration du centenaire de la Ligue wallonne nous a permis d'honorer ceux qui l'ont guidée et maintenue à flot durant un siècle avec tant de dévouement. Ce fut aussi l'occasion de faire un bilan, aux couleurs contrastées, de leurs activités.

 

         Mais, en 2013, nos membres ont aussi voulu, nous l'espérons, jeter les bases d'un nouvel essor. Trois assemblées générales successives ont discuté puis adopté différents amendements statutaires qui redéfinissent et étendent les possibilités d'adhésion à la Ligue, en reprécisent l'objet social et en modifient par conséquent la dénomination.

 

         Désormais notre association se dénommera « Ligue francophone et wallonne de la région de Bruxelles ». (L.F.W.R.B.).

 

         Ce faisant, elle veut indiquer que la L.F.W.R.B. ouvre ses rangs et accueillera volontiers toute personne francophone qui adhère à ses objectifs.

 

         Certes, la Ligue n'oublie pas ses origines wallonnes ; dans son objet social, elle met en avant la nécessaire communauté de destin entre la Wallonie et Bruxelles, mais, en prenant la défense de Bruxelles, ville de langue et de culture françaises, elle appelle et veut rassembler les francophones de tous âges et de toute origine, de la région, de sa périphérie, comme aussi de Wallonie, qui partagent sa façon de voir : assurer notre dignité, éviter l'asservissement. C'est un défi de taille que nous espérons relever, non seulement avec l'aide et l'appui de nos membres actuels, mais aussi avec le soutien et la coopération d'autres femmes et hommes de bonne volonté.

 

         Différentes possibilités, différents chemins s'ouvrent à nous, en consultation avec nos membres et sympathisants. Nous pouvons veiller à approfondir notre réflexion et à élargir la diffusion de nos points de vue :

 

-         par notre périodique, « 4 millions 7 »

-         par notre site Internet (qui est à développer davantage) ou par d'autres moyens,

-         par des déjeuners-débats et d'autres initiatives...

 

         Mais nous ne voulons pas, à ce stade, brûler les étapes. Nous voulons, surtout et d'abord, nous mettre à l'écoute de ce que nos membres et sympathisants ont à nous dire et encore à nous proposer. Ensemble, nous nous aiderons à reconstruire notre avenir.

 

         Si notre Ligue n'existait pas, il faudrait l'inventer : un mouvement de vigilance, qui n'est inféodé à aucun parti politique, mais qui, en redonnant courage et fierté aux francophones de toutes origines, aiguillonnera leurs dirigeants. Le chemin qui s'ouvre sera d'abord étroit, raboteux, escarpé, mais combien exaltant.

 

         Votre concours, chers membres, chers sympathisants, est donc plus que nécessaire que jamais. Aidez-nous, contactez-nous, rejoignez-nous, pour diffuser la voix de la Ligue dans des cercles toujours plus larges.

 

 

SOMMAIRE

 

(pour le contenu, nous consulter)

 

 

POLITIQUE

 

Le confédéralisme de Kris Peeters ! Se laissera-t-on encore flouer ?

Jean-Luc Robert

 

Ratés de com' à Bruxelles-Propreté !

GéJy

 

Dans Bruxelles « l'assiégée »...

Michel Theys

 

 

CULTURE & LITTÉRATURE

 

Le Musée de la Vie Wallonne à Liège

 

In Memoriam (Claire Goyer)

 

Poésie de la Résistance... Vers Brisés...

 

Institut Destrée. Nouvelle publication.




« 4 millions 7 »

décembre 2013

 

 

 

JUSTE UN MOT…

 

         Eh oui, pas de "mot de la présidente" pour ouvrir ce journal. Ainsi que je l'avais annoncé de longue date au conseil d'administration et à l'assemblée générale, mon mandat de présidente a pris fin le 31 octobre, après la célébration du centenaire de la Ligue wallonne. Je ne quitte pas pour autant le mouvement dont je reste membre effectif (et actif) mais j'en confie la direction à ceux qui sauront mieux que moi assurer la nécessaire évolution de la Ligue à l'aube de son deuxième siècle d'existence, dans un contexte où les droits des Francophones sont de plus en plus menacés à Bruxelles et dans sa périphérie.

 

         Parmi les tâches qu'a comportées mon mandat de présidente, une des plus agréables, outre l'organisation de nos deux déjeuners annuels, a été ce rendez-vous mensuel avec vous, chers lecteurs, par le biais de ce petit billet. Vos visages ne me sont pas tous connus ; il me semblait néanmoins converser avec des proches, membres d'une famille géographiquement dispersée mais liée par une intime connivence.

 

         Il faut avouer que j'ai souvent fait la part belle aux citations et il serait inélégant de ne pas remercier ici, dans le désordre, Michel de Montaigne, Anne Sylvestre, Albert Camus, Louis Aragon, Alain et tant d'autres. Nous sommes faits de strates accumulées et ignorons parfois d'où surgit telle idée qui nous vient sous la plume. Les plus belles lectures ne sont-elles pas celles qui se sont incorporées à nous à la manière d'un aliment digéré ?

 

         Les déjeuners à La moule sacrée ont été d'intenses moments d'amitié et de joie. Bonheur des visages et des voix, des accents. Bonheur des mets et des mots à partager. Tant que vous répondrez à nos invitations, nous continuerons…

        

         Ces cinq années de présidence ne furent pas un chemin sans épines. Il y eut d'incalculables heures de travail et toujours l'obsession de boucler "4 millions 7" à temps. Il y eut des défections difficiles à encaisser, de nombreux deuils, la tentation du découragement, la rage parfois devant notre impuissance. Mais il y eut aussi l'inestimable soutien d'un conseil d'administration soudé et les encouragements de nos membres.

 

         La vie, on le sait, n'est pas un long fleuve tranquille mais la force des fleuves est de ne pas s'arrêter. Notre secrétaire Guy Massenaux a accepté la charge de président f.f. en attendant que se mette en place le nouveau conseil d'administration élu lors de l'assemblée générale de ce 28 novembre. La nouvelle équipe vous sera présentée prochainement.

 

         Mon ambition aura été d'être un maillon de la chaine, de maintenir le navire à flot et l'outil en état de servir. Qu'il me soit permis d'exprimer ici toute mon admiration et ma profonde amitié à Gilberte et Albert Lambot qui pendant 27 années ont maintenu la combattivité politique de la Ligue wallonne sans jamais oublier l'importance de l'amitié et des contacts personnels.

 

         La tâche qui attend la nouvelle équipe est dure. Bienvenue à ceux qui voudraient nous apporter leur concours. N'oubliez pas que notre journal et notre site internet sont les vôtres.

 

         Ne nous résignons pas !

 

                                                                          Marie-Claire  DALOZE-WILLIQUET

                                                                                         29 novembre 2013

 

 ÉDITORIAL

 

         Dans son discours à l'occasion du centenaire de la Ligue wallonne, la présidente Marie-Claire Daloze, au terme d'un mandat qui, bien que bref - un lustre à peine - fut particulièrement actif et fécond, nous a confié une mission :

 

         " rajeunir la Ligue wallonne et l'ouvrir; l'ouvrir à tous les Francophones de Bruxelles, qu'ils soient ou non d'origine wallonne,  et aux Bruxellois francophones venus d'ailleurs, très souvent de pays de la Francophonie; l'ouvrir aussi aux différentes sensibilités politiques de ceux qui ont en partage avec nous la volonté de défendre la langue française et les droits des Francophones".

 

         Rajeunissement, ouverture aux nouveaux Bruxellois, pluralisme sont, en effet, des impératifs de survie, car la victoire de la cause pour laquelle nous combattons n'est pas encore acquise. Des forces puissantes conspirent pour altérer le visage français de Bruxelles et la séparer de la Wallonie.

 

         En effet, aucun effort n'est ménagé pour opposer artificiellement le fait "communautaire" (pour parler clairement, l'existence en Belgique de deux nationalités ou de deux "sociétés distinctes", comme disent nos cousins québécois) et l'affirmation de Bruxelles comme Région à part entière, en faisant ainsi le jeu de "la Flandre, qui est communautaire chez elle et… régionaliste pour nous". (Bernard Remiche, dans Marianne, 5 octobre 2013).

 

         Sortons de la confusion et de la complaisance ambiantes ! Le nœud gordien belge ne peut être délié, il doit être tranché. La Flandre affirme le principe de territorialité : prenons-la au mot !

 

          Nous rejetons le district fédéral ou la ville-État pour Bruxelles ou la confédération à trois ou quatre dont rêvent certains. Notre objectif, c'est l'État Wallonie-Bruxelles, dont le territoire comprend la Wallonie (1), la Région bruxelloise et, au moins les six communes à facilités de la périphérie, bref là où les Francophones sont majoritaires. La forme de cet État devra respecter la personnalité propre des deux Régions qui le composent et le droit des Bruxellois flamands à être administrés, jugés et instruits dans leur langue sans privilèges excessifs, ainsi qu'à bénéficier d'une vie sociale et culturelle appropriée.

 

         Dans le prochain numéro de « 4 millions 7 », nous exposerons à nos lecteurs les options d'avenir prises par la Ligue wallonne au cours des trois assemblées générales qu'elle a tenues depuis le printemps.

 

         Entre temps  nous vous souhaitons de bonnes fêtes de Fin d'Année. Gardez la santé, restons optimistes pour 2014 ! 

 

(1) sans préjuger du sort futur de la Communauté germanophone.

 

 

SOMMAIRE

(pour le contenu, nous consulter)

 

POLITIQUE

 

Francophones, Flamands, avons-nous encore quelque chose en commun ?

Jean-Luc ROBERT

 

Un ring élargi, une décision rétrograde                                                          Michel LEGRAND

 

 

Préservez-nous de Grouwels !                                                                                Diagnostic

 

Face à l’anglicisation, les élites françaises ne voient pas le problème

Pierre FRATH

 

 

CULTURE ET LITTÉRATURE

 

Histoire d’un engagement : le combat des ligues wallonnes à Bruxelles

(résumé de la conférence de Chantal Kesteloot lors du centenaire de

La Ligue wallonne)                                                                           Jean-François GOOSSE

 

Le sapin de Noël de Bruxelles provient de la commune de Baelen

(Wallonie, province de Liège)                                                                    Guy MASSENAUX   

 

Mon pays de soleil (poème)                                                             Josette VAN SCHOORS

 

La collection Jeux de langage à la Maison de la Francité. 

 

 

 

Dans ce numéro

Le supplément

FRANCE WALLONIE BRUXELLES

décembre 2013

 

 


 

« 4 millions 7 »

Octobre-novembre 2013

 

 

 

LE MOT DE LA PRÉSIDENTE

(prononcé le 12 octobre au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles)

 

Chers amis,   

 

            Lorsque j’ai voulu partir à la pêche aux souvenirs, je me suis aperçue que les mailles de mon filet étaient bien  lâches et mon butin est dérisoire. Le Bruxelles où débarquèrent des familles wallonnes en 1913 était bien différent de celui que je connais et je dois fournir un effort pour imaginer  ce que fut leur sentiment d’exil, ce que fut leur joie de se regrouper pour du théâtre en wallon, des excursions, des parties de cartes, des banquets. Par contre, il m’est plus facile d’imaginer l’amère constatation qu’ils firent, très tôt, de la mise en marche du rouleau compresseur flamand et je  ressens parfaitement l’élan qui les poussa à résister, à lutter, à s’organiser. Je veux remercier ces ainés pour leur lucidité et leur détermination. Je ne connais les pas tous et pour n’oublier personne, je les englobe dans la belle formule du poète et chanteur Jean Vasca : « Je veux saluer ici  ceux qui n’ont jamais trahi ».

           

            Dès le début, les activités de la Ligue wallonne se sont inscrites sur deux axes : les loisirs, la culture, la convivialité d’une part ; le combat francophone d’autre part. Et c’est peut-être  ce qui fait la spécificité de notre Ligue wallonne : jamais la résistance et la lutte ne furent désincarnées et jamais la préoccupation du combat à mener ne fut absente des réjouissances.

           

            Personnellement, je n’ai connu la Ligue wallonne qu’en 1982 lorsque Gilberte Lambot-Durand en reprit la présidence. Mes souvenirs commencent donc à cette époque. Que d’aventures et de péripéties dont beaucoup d’entre vous se souviennent ! Dans toutes les activités, le souci d’allier délassement et enrichissement culturel était présent.

 

            Il y eut des visites insolites et parfois nocturnes dans des coins de Bruxelles peu fréquentés…

 

            Il y eut des excursions d’un jour dans toutes les provinces wallonnes. Un kaléidoscope de monuments, de  musées, de folklore, de promenades en bateau, de joyeuses agapes… sans oublier le traditionnel maitrank de fin de journée offert par la présidente dans des endroits parfois inattendus.

 

            Il y eut des voyages de plusieurs jours pour explorer la Normandie, l’Alsace, les châteaux de la Loire. Ce furent des journées d’émerveillement, d’amitié et de bonne humeur.

 

            Il y eut d’innombrables festins : le « grand diner » de novembre, autrefois couplé à l’assemblée générale et les « moules » de la Saint-Valentin. Pendant 25 ans, à l’ombre de la flèche de l’Hôtel de ville,  la Moule sacrée a accueilli la Ligue wallonne sans désemparer.

 

           

            Mais à la Ligue wallonne on n’a pas fait que s’amuser…

 

            Pour lutter contre l’impérialisme flamand, défendre les Francophones de Bruxelles et de la périphérie, il fallait alerter l’opinion, éveiller les consciences et donc se doter d’un organe de presse.

 

            Même si ma collection comporte des lacunes, avec quel bonheur et quelle nostalgie j’ai feuilleté les pages jaunies et un peu écornées de notre revue -  « L’Alliance wallonne » puis « La Ligue wallonne », qui deviendra « 4 millions 7 » en 2010. Je redécouvre avec émotion les adresses écrites à la main, les timbres à 1 franc, la typographie désuète et la mise en page serrée. Je m’émerveille devant la pugnacité et la constance dont faisaient preuve les rédacteurs. La liberté de ton était totale et si on dénonçait les injustes avancées flamandes, on ne se privait pas de stigmatiser le ‘nonchaloir’ de certains politiques wallons ou bruxellois francophones.

 

            Que de soirées passées à la correction des épreuves… et quels fous rires homériques déclenchés par certaines coquilles ! Puis, c’était l’expédition : étiquettes à coller, formules de virement à glisser entre les pages ! Tout cela réalisé grâce à l’hospitalité inaltérable de Gilberte et Albert Lambot. Les bons pères des abbayes de Chimay et d’Orval ignorent certainement la part importante bien qu’involontaire qu’ils prirent à  cette tâche. Aujourd’hui l’informatique a modifié le travail et les séances de correction d’épreuves sur papier ont pris  rang parmi les coutumes oubliées. Sans doute l’ordinateur laisse-t-il passer moins de coquilles, mais on rit beaucoup moins…

 

            La Ligue wallonne, ce ne sont pas seulement les membres du Conseil d’administration, c’est aussi et surtout des centaines de membres qui  soutiennent notre action par leur fidélité à notre périodique, par leur cotisation, leurs dons au fonds de combat et surtout par leur présence à nos activités… C’est vous tous aujourd’hui qui fêtez avec nous ce centenaire. Soyez en remerciés du fond du cœur.

 

            La vielle dame a encore du chemin à parcourir. Son combat est loin d’être gagné, mais elle ignore la résignation fataliste, elle ira de l’avant… quitte à redire encore et encore ce qu’elle affirme depuis si longtemps.

 

            Mon mandat de présidente approche de sa fin. Je suis certaine que ceux qui me suivront sauront  rajeunir la Ligue wallonne et l’ouvrir : l’ouvrir à tous les Francophones de Bruxelles, qu’ils soient ou non d’origine wallonne et aux Bruxellois francophones venus d’ailleurs, très souvent de pays de la Francophonie ; l’ouvrir aussi aux différentes sensibilités politiques de ceux qui ont en partage avec nous la volonté de défendre la langue française et les droits des Francophones.

 

            Avant de vous inviter à vous lever pour écouter le Chant des Wallons interprété par Léonce Wapelhorst, je vous remercie encore d’être venus si nombreux pour dire avec nous : « Vive la centenaire » !

 

Marie-Claire DALOZE-WILLIQUET

 

SOMMAIRE

(pour le contenu, nous contacter)

 

LE CENTENAIRE     

 

Allocution de  Madame Marie-Claire DALOZE-WILLIQUET, présidente de la Ligue wallonne de la Région de Bruxelles.

 

Allocution de Madame Jacqueline EZERSKY-FRANCOTTE, présidente de l’Union des groupements wallons de Bruxelles (UGWB).

 

Les photos de la séance académique, de la réception et du déjeuner.

 

POLITIQUE

 

« Non Monsieur Delmotte, Bruxelles n’appartient pas qu’aux Bruxellois. Les Wallons y sont aussi chez eux ! »

Jean-Luc ROBERT

 

Opinions

 

Un ministre aveugle                                                                                         Philippe DUVIEUSART

 

 

LE COIN DES AMIS

 

Assemblée plénière consultative de la LWRB le 28 novembre

 

17e concert de Noël organisé par l’UGWB

 

Une grande figure de la Ligue wallonne nous a quittés : Roger MAINGAIN

Jean-François GOOSSE

 



« 4 millions 7 »

Septembre 2013

 

LE MOT DE LA PRÉSIDENTE

 

            Cent ans ! Elle est à nos portes, cette célébration du centenaire rêvée depuis si longtemps ! Chez les organisateurs, la fébrilité est palpable : souci du détail, nombre de présents, préparatifs divers, surtout ne rien oublier, ne rien laisser au hasard…

 

            Les registres d’état-civil des communes recensent de plus en plus de centenaires. À cette occasion les familles se réunissent, ravivent des souvenirs, admirent de vieilles photos sauvées par les technologies nouvelles. On pose pour la photo de groupe. Le (ou la) centenaire est présent(e),  trinquant à la santé  des générations montantes, une  larme discrète au coin de l’œil.

 

            Pour une association centenaire, il en va autrement : ceux qui la portèrent sur les fonts baptismaux il y a cent ans à Etterbeek ne lèveront pas leur verre avec nous. Comparer la Ligue wallonne à une  vieille dame très digne ; c’est joli, mais assurément une simplification. Un mouvement est fait des multiples personnes qui lui insufflèrent idéal et énergie. Tous n’eurent pas exactement la même sensibilité, les mêmes orientations. Tous ne vécurent pas les mêmes évènements et je pense avec émotion à ceux qui traversèrent l’affreuse tourmente des guerres mondiales.

 

            Beaucoup de ceux qui donnèrent à la Ligue wallonne temps et dévouement nous ont quittés, parfois leurs traces sont effacées, les archives étant rares ou inaccessibles. Ils firent pourtant la vie et la chair du mouvement comme les anonymes grains de sable font la plage.

 

            Et  nous, présents en ce 12 octobre 2013, aurons le privilège de souffler les bougies et de lever notre verre en remerciement à ceux qui ont œuvré pour que notre Ligue parvienne à cet anniversaire symbolique. Nous aurons à prendre la mesure du chemin parcouru et à inventer celui qu’il reste à parcourir.

 

            Le monde a évolué et nul ne songerait aujourd’hui à se sentir en exil lorsque, des coins les plus éloignés des  provinces du Hainaut, Luxembourg, Liège ou Namur, il faut venir travailler à Bruxelles. Le paysage institutionnel de la Belgique a bien changé lui aussi, dans un tourbillon de réformes pas toujours transparentes pour le citoyen. Comme le dit Olivier Maingain dans une interview à La Libre Belgique ce 6 septembre, il est à craindre que la sixième réforme de l’État n’appauvrisse Bruxelles et la Wallonie. Des tendances nationalistes existent au Nord comme au Sud et il est oiseux d’ergoter sur le ‘bon’ ou le ‘mauvais’ nationalisme. À la Ligue wallonne, nous n’avons pas changé de cap : c’est toujours la solidarité Wallonie-Bruxelles que nous défendons, le journal Le Soir le rappelle dans un article publié le 29 aout dernier (voir page 6).

 

            Le ciment de cette solidarité, avant même la convergence des intérêts économiques et sociaux, c’est l’amour et la défense de la langue française, sans oublier les langues wallonnes. C’est la langue et la culture françaises qui nous réunissent et nous nous élevons autant contre les coups de boutoir du nationalisme flamand à Bruxelles et dans sa périphérie que contre l’invasion d’un anglais ‘globish’, langue des affaires et de la dépersonnalisation, à peine digérée par ceux qui l’utilisent.

 

            La fête ne sera complète qu’avec la présence du plus grands nombre d’entre vous, membres de la Ligue wallonne ou sympathisants. Inscrivez-vous de toute urgence, nous vous attendons.

 

Marie-Claire DALOZE-WILLIQUET

6 SEPTEMBRE 2013

             

Sommaire (pour le contenu, nous contacter)

 

POLITIQUE

 

Mesdames, Messieurs du gouvernement bruxellois, oubliez cette idée de stade à Grimbergen.

Jean Bourdon, Jacques Bourgaux, Jean- Pierre Buydens, Jean-François Goosse, Jean- Luc Robert et Michel Theys, animateurs du groupe pluraliste de réflexion et de propositions Bruxelles Métropole Francophone (BMF)

 

Lieux de mémoire                                                                             Jean-François GOOSSE

 

Une brève du Wallon vigilant

 

CULTURE ET LITTÉRATURE

 

L’enseignement au Moyen Âge : les écoles cathédrales et les universités.

                                                                                                                                  Jean TULKENS

 

La Wallonie cache son coq !                                                                      Fernand ROSSIGNOL

 

Ils nous ont volé notre « e muet »                                                                  Stéphane DESSY

 

LA LIGUE WALLONNE DANS LA PRESSE

 

À Bruxelles, toudi Wallons, nondidju !                                                       Michelle LAMENSCH

                                                                                                                           Le Soir 29 aout 2013

 

La Ligue wallonne, cent ans de résistance !                                              Fraterniphonie n° 72

 

LE COIN DES AMIS

 

Un départ : Guy BOUCHEZ.

 

Calendrier des activités des cercles amis

 

NOTRE CENTENAIRE 

 

« Cent ans, ça se fête ! »

Formulaire d’inscription. Programme de la séance académique. Menu du déjeuner.

 

COMMUNIQUÉ

 

Grand Prix de la chanson wallonne 2014

 

 

Dans ce numéro

le supplément  FRANCE  WALLONIE  BRUXELLES

 

 




« 4 millions 7 »

Juin 2013

 

LE MOT DE LA PRÉSIDENTE

 

            « Bonnes vacances ! » Il me semble vous avoir écrit cela il y a trois mois. Pourtant, c’était il y a un an, jour pour jour. Le temps qui trottinait gentiment s’est emballé et va bon train. Les mois semblent des semaines et les années s’amenuisent. Comme une bonne partie d’entre vous, chers lecteurs, il y a belle lurette que je n’attends plus, le cœur battant, ni bulletin, ni délibération, ni diplôme, portails magiques ouvrant sur deux mois de liberté. La perception du temps, on le sait, est subjective ; l’entassement des années nous les fait trouver insignifiantes et brèves.

 

            Les vacances  pourraient être le moment idéal pour passer le mors aux chevaux du temps.  Enfouir l’agenda au fond d’un tiroir et, comme chante Anne Sylvestre, « mettre un peu de flou dans son emploi du temps ». Fermer les yeux aux innombrables affichages de l’heure dans la maison ou dans la ville ; lâcher un peu la bride à l’ordinateur et s’inventer des recettes de lenteur et de douceur.

 

            Se plonger dans un livre inusable et inépuisable : la Bible, les Essais de Montaigne, le code civil ou le dictionnaire Robert. À l’instar de Montaigne,  « feuilleter à cette heure un livre, à cette heure un autre, sans ordre et sans dessein, à pièces décousues ». Aller sans plan à travers ses lectures, revenir en arrière, relire dix fois le même passage, sauter vingt pages, noter quelque phrase en vue d’une méditation ultérieure…

 

            S’atteler au grand projet de classer la grande boite de cartes postales entassées depuis des années ; céder au plaisir de revisiter les jolis sites qu’elles représentent ; compter les milliers de bisous déposés par des voyageurs bien aimés ; hésiter longuement : les classer par pays, par thème, par expéditeur ? Décider de ne pas décider, se laisser prendre au charme de la nostalgie,  verser une larme dans la poussière du papier et refourrer le tout pêle-mêle dans la grande boite.

 

            Investir sa cuisine dans un rêve étoilé ; orchestrer un grand branle-bas de casseroles, se voir lauréat d’un grand concours de cuisine télévisé. Inventorier les épices qui somnolent au fond d’une armoire, ébaucher des festins dans une débauche de livres de cuisine ; constater l’absence d’un des ingrédients principaux…  téléphoner au petit restaurant du coin pour réserver une table.

 

            S’asseoir sur un banc de square, regarder simplement les gens, écouter le foisonnement des langues  parlées ; frémir de plaisir au surgissement d’une phrase en français pimentée d’une pointe d’accent polonais, arabe, turc ou espagnol. S’interroger sur les langues et les accents qu’on ne devine pas. Voir les ombres s’allonger sur le sol et sentir l’air fraichir. Rentrer chez soi en disant « je n’ai rien fait aujourd’hui » et se laisser consoler par Montaigne : « Quoi, n’avez-vous pas vécu ? C’est non seulement la fondamentale mais la plus illustre de nos occupations ».

 

            Classer les vieux « 4 millions 7 », puisqu’on en sera privé pendant deux mois. Refaire les chemins du combat que nous menons, prendre la mesure de nos engagements, de nos redites voire de nos erreurs. Penser à ceux qui sont partis avant nous et à l’héritage qu’ils nous ont laissé, se promettre de reprendre le combat où ils ont dû l’abandonner ; s’inscrire dans la lignée, prendre conscience de ce qui nous relie, malgré les différences, à tous ceux qui sont animés du même idéal que le nôtre ; envisager l’avenir, y croire, faire confiance à ceux qui nous suivront…

 

            Mais d’abord… juste un peu de repos, de soleil, de silence et de fantaisie.

 

            Bonnes vacances !

 

            Marie-Claire DALOZE-WILLIQUET

16 Juin 2013  

Sommaire (pour le contenu, nous contacter)

 

POLITIQUE

 

Le nouveau stade du Heysel : une très mauvaise décision !                         Michel  Legrand                                  

 

L’enseignement bilingue à Bruxelles

Monsieur Vervoort, ce n’est pas cela que les Bruxellois attendent

de vous !                                                                                                        Jean-Luc Robert

 

Quelques brèves                                                                                         Le Wallon vigilant

 

OPINIONS…

 

Pape à Rome, Maire à Paris et Ministre-Président à Bruxelles                    Stéphane Dessy

 

 

 

CULTURE ET LITTÉRATURE

 

Le congrès mondial des professeurs de français aura lieu

à Liège en 2016.

 

Dictionnaire d’Histoire de Bruxelles

 

La guerre des langues                                                                                   Ludovic Greiling

 

Wallons-nous ?

Quelques expressions croustillantes.                                                                           J.-L. R.

 

 

EN FRANÇAIS, S’IL VOUS PLAIT !

 

Prix exceptionnel 2013 de la Carpette anglaise

 

 

LE COIN DES AMIS

 

Notre centenaire : « Cent ans, ça se fête ! »

Formulaire d’inscription.

 

Des amis nous ont quittés

 

 

COMMUNIQUÉS

 

L’école d’Autrefois… autrement.

Exposition interactive à l’Espace Arthur Masson à Treignes.





« 4 millions 7 »

Mai 2013

 

LE MOT DE LA PRÉSIDENTE

 

            Printemps après printemps, années après années, notre Ligue wallonne arrive à son 100e anniversaire. Cent ans : « un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant » aurait dit Blaise Pascal qui ne parlait pas du centenaire de la Ligue wallonne, mais de la position de l’homme dans l’univers. Cent ans : un rien à l’égard de l’histoire des hommes, un presque tout à l’égard d’une vie. La vie des groupes étant plus longue que celles des individus, il importe de veiller à l’enchainement des maillons, au déroulement de la trame, à la reprise du thème par d’autres chanteurs.

 

            Ainsi, pour aborder allègrement un deuxième siècle, la Ligue wallonne doit « se renouveler sans se renier ». Les Wallons venus s’installer à Bruxelles en 1913 ont contribué à faire de Bruxelles ce qu’elle est, ils ont généralement fait souche, engendrant des générations de « mutants » : Bruxellois fidèles à leurs origines wallonnes, attachés à la langue et à la culture françaises, mais de plus en plus  éloignés de la terre d’origine où ils n’ont plus personne. Vous trouverez (p. 2), sous la plume de Jean-François Goosse, une analyse de cette nouvelle donne bruxelloise. Le combat pour la défense du français ne concerne plus seulement les Wallons « déracinés », mais tous les Bruxellois francophones, y compris les « nouveaux Bruxellois ».

 

            Quel reste le rôle de la Ligue wallonne ? Dénoncer, résister, continuer.

 

           Dénoncer, nous le faisons fréquemment dans ces colonnes : avancées arbitraires de l’État flamand ; faiblesses et démissions des politiciens francophones ; grignotages sournois ou ostentatoires de l’espace francophone à Bruxelles, qu’il s’agisse des transports en commun, de la publicité, des soins de santé ou de l’affichage tant bruxellois qu’européen.

 

            Résister. Poursuivre l’affirmation de la communauté de destin entre Bruxelles et la Wallonie. Nos moyens ne sont pas énormes. Notre principal outil de résistance est le journal que vous tenez entre vos mains. Il est le vôtre. Diffusez-le. Soutenez-le par vos dons. Aidez-nous à le réaliser (voir notre appel en page 6).

 

            Continuer. Si la défense du français à Bruxelles comporte un volet politique, au sens large du  terme ; nous avons surtout à mettre en valeur, défendre et enrichir le patrimoine culturel dont nous sommes héritiers. Il serait vain de lutter pour la survie d’une langue vidée de sa sève. Le danger existe. Je prendrai exemple dans un domaine que je connais bien : celui de la chanson. La chanson « à contenu », bien écrite et chantée par des interprètes de qualité, est complètement occultée par des émissions de téléréalité génératrices de grosses recettes publicitaires : The Voice, la Starac, la Nouvelle star, sans compter l’inusable Eurovision. Peut-être des talents y éclosent-ils, mais c’est généralement en chantant en anglais ou, en français, des textes indigents. Pourtant, à l’écart du tapage médiatique, de nombreux chanteurs-poètes, toutes générations confondues, perpétuent la tradition des trouvères et des troubadours. S’ils pouvaient se faire entendre un peu plus !

 

            Soyons vigilants ! Aimons notre culture, respectons notre langue sans la corseter dans un purisme stérile, faisons-la vivre.

 

 

            Marie-Claire DALOZE-WILLIQUET

 

 

 

Sommaire (pour le contenu, nous contacter)

 

POLITIQUE

 

Wallons, Francophones, nouveaux Bruxellois                                     Jean-François Goosse

 

Monsieur Picqué, après 20 ans de pouvoir, des Flamands

vous  critiquent, à vous la parole !                                                                      Jean-Luc Robert

 

La recette du coq au vin par un chef de la N-VA                                             Boduognat                                                           

 

Opinions…

 

Réaction à l’article « De l’art de se tirer une belle dans le pied »

de Jean-Luc Robert dans le « 4 millions 7 » de mars 2013                    Jean-Émile Humblet

 

Quelques brèves                                                                                         Le Wallon vigilant

 

 

CULTURE ET LITTÉRATURE

 

L’échelle (poème)                                                                                                       Robert Leruth

 

Concours de poèmes espiègles organisé par la Maison

de la poésie de Namur

 

À paraitre : « La ducasse de Mons » aux éditions Racine

 

EN FRANÇAIS, S’IL VOUS PLAIT !

 

L’assurance dépendance flamande                                                                                 M.-C. D.

 

 

LE COIN DES AMIS

 

Le professeur Jean Léonard nous a quittés                                                                    M.-C. D.

 

Décès d’une militante wallonne : Madame Carmen Masure

 

 

COMMUNIQUÉS

 

75e anniversaire de l’Institut Jules Destrée

 

Association culturelle wallonne Fontaine-l’Évêque – Charleroi

 

Maison de la Francité : exposition photo de Jérôme Hubert

 

Centenaire de la Ligue wallonne de la Région de Bruxelles : 12 octobre 2013.





« 4 millions 7 »

Avril 2013

 

LE MOT DE LA PRÉSIDENTE

 

            « Une souris verte qui courait dans l’herbe… » chantent nos petits. En ce printemps qui démarre enfin, lentement, comme s’il se préparait à une épreuve de fond, j’aimerais peindre  en vert la souris de mon ordinateur, en rose les touches du clavier et écrire sur fond d’écran azur inondé d’or que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes : un véritable État Wallonie-Bruxelles s’apprête à éclore ;  les bourgmestres de la périphérie sont enfin nommés, les communes à facilités ayant rejoint le giron de la Région de Bruxelles ; les entreprises rouvrent et les hauts-fourneaux rougeoient faisant fondre comme neige au soleil les chiffres du chômage.

 

            Les couleurs de l’actualité sont moins idylliques : la crise économique continue à frapper tandis qu’éclate le scandale des nantis qui soustraient leurs revenus à l’impôt. Le grand tapage médiatique autour d’un ministre français ne fait sans doute émerger que la partie visible d’un gigantesque  iceberg.

 

            Il s’agit de dépasser le populiste et indigne « tous pourris ». L’évènement invite néanmoins à mesurer l’abime qui sépare trop souvent personnages politiques et grands de la finance de ceux « d’en bas », « les perdants du meilleur des mondes » (1) comme l’écrit le journaliste allemand Günter Wallraff, bien connu pour ses enquêtes « infiltrées » dans le monde du travail. Le familier des paradis fiscaux, que peut-il savoir de l’enfer du travail à bas cout : l’instabilité, la crainte du licenciement, les humiliations et les accidents de travail, la fatigue, la peur du lendemain ? L’aisance barde le cœur d’indifférence.

 

            Sans doute nul ne paye ses impôts de gaieté de cœur ; chacun veille, dans les limites de la légalité, à alléger sa facture et souhaite une meilleure utilisation de ses deniers. Cela doit-il faire oublier l’indispensable solidarité et la nécessité de pourvoir aux équipements publics ? Il est paradoxal de critiquer la fiscalité confortablement installé sur le banc d’un parc public ou en empruntant une autoroute. La notion de bien commun, de chose publique devrait éclairer tout apprentissage dès le plus jeune âge, non pas comme une matière scolaire, mais à la manière d’une toile de fond où s’inscrit toute connaissance et toute morale. L’égoïsme inhérent à la nature humaine peut être surmonté : « Je me révolte, donc nous sommes », écrivait Camus.

 

            Dans le combat pour la langue et de la culture françaises, « nous sommes ». En Wallonie, à Bruxelles, en Flandre, en France, et au Québec, les militants sont légion, qu’ils agissent dans le domaine politique, dans celui de la culture. Tous rappellent que lutter pour le français, c’est lutter pour la diversité des langues, pour un monde de liberté et de vérité. Dans nos colonnes, nous donnons fréquemment des nouvelles de ces associations. Nous ne pouvons être exhaustifs : que les oubliés veuillent bien nous excuser.

 

Marie-Claire DALOZE-WILLIQUET

12 avril 2013

 

(1) Günter WALLRAFF, Parmi les perdants du meilleur des mondes, La Découverte/Poche, 2012.

 

 

Sommaire (pour le contenu, nous contacter)

 

POLITIQUE

 

Les langues à Bruxelles, mais que se passe-t-il donc ?                           Jean-Luc Robert

 

Notre projet est clair…

(à propos du sondage du Soir du 23 mars 2013)                               Jean-François Goosse

 

Opinions…

 

Divisions, dispersions, incohérences…                                                                  Étienne Duvieusart

 

Tintin en Hollande et Nicolas en Belgique                                                    Stéphane Dessy

 

Quelques brèves                                                                                         Le Wallon vigilant

 

 

CULTURE ET LITTÉRATURE

 

81e gala du folklore wallon                                                                                            M-C D.

 

Au revoir, facteur

Un livre de Jules Boulard

 

Un dossier sur la couleur rouge dans la revue Francophonie vivante

 

Cartes de visite :

« L’Association Charles Plisnier »

« Arts et Poésie » et sa revue Plumes et pinceaux.

« Association Francophonie Avenir (A.FR.AV) »

 

EN FRANÇAIS, S’IL VOUS PLAIT !

 

« On n’est pas couché »… devant l’anglais !                                Communiqué de l’A.FR.AV

 

L’anglais planche de salut pour les universités françaises ?                  Blog de Claire Goyer

 

 

LE COIN DES AMIS

 

Communiqués des cercles amis.

 




« 4 millions 7 »

Mars 2013

 

LE MOT DE LA PRÉSIDENTE

 

            Même si ce sont les pelles raclant la neige qui nous ont réveillés ce matin, mars est bien là, chargé de promesses de printemps et de renouveau. Perce-neiges et crocus inaugurent un grand mois pour la langue française et tous ceux qui l’aiment, qu’elle soit leur langue maternelle ou langue seconde adoptée par choix personnel ou en raison des circonstances. Le Richelieu International ouvre la fête en décernant son Prix littéraire de la Francophonie à un écrivain japonais pour un livre consacré à l’amour de la langue française.

 

            Le 20 mars : journée internationale de la Francophonie, marquée par de nombreuses manifestations dans différents pays. Le secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie, Abdou Diouf, inscrit son message dans la droite ligne de nos objectifs : « Qu’adviendrait-il de la Francophonie si nous devions laisser s’effacer le trait d’union linguistique qui nous relie ? Qu’adviendrait-il de notre communauté si la Francophonie devait recourir, au mieux, à la traduction, au pire, au seul usage de l’anglais, lors de ses interventions, de ses réunions, de ses concertations, à l’instar de la pratique de la langue unique qui s’est largement répandue dans les organisations internationales et régionales ? […] C’est également ce lien originel et cette connivence naturelle qui font que nous ne parlons pas seulement la même langue, mais que nous parlons aussi, par-delà nos différences, le même langage : celui des principes et des valeurs, celui de la démocratie et des droits de l’Homme, celui de la diversité culturelle et linguistique, celui de l’équité et de la justice sociale, celui de la régulation et de l’éthique en matière économique et financière. »

            Cette année, la journée de la Francophonie met la jeunesse à l’honneur : « Le français est une chance pour les jeunes, les jeunes sont aussi une chance pour le français ».

            En fédération Wallonie-Bruxelles, la langue française sort en habits de fête pour prendre l’air… à Soignies,  choisie comme ‘Ville des mots’ à l’occasion de la semaine de « La langue française en fête » (du 16 au 24 mars) sur le thème « Les mots s’envoient ». Occasion pour chaque participant de dépoussiérer son lexique et de déployer des trésors d'imagination et de créativité ! Pour les organisateurs, la langue française constitue « un "plus" incontournable pour une insertion sociale, scolaire et professionnelle harmonieuse, dans le respect des identités des langues et des cultures de chacun. »

            Renouveau également à la Maison de la Francité puisque l’inauguration des locaux magnifiquement rénovés de l’hôtel Hèle coïncide avec la journée de la Francophonie et la semaine de la langue française en fête. Un programme très riche !

           

            Vous aurez très bientôt l’occasion de découvrir cette superbe restauration puisque nous vous convions, le 25 avril prochain, à une assemblée plénière de la Ligue wallonne à la Maison de la Francité. En effet, la Ligue wallonne, presque centenaire, n’est pas en reste dans cette vague de renouveau. Pour aborder un nouveau siècle d’existence,  il lui faut adapter ses objectifs et ses moyens d’action aux réalités du XXIe siècle et à la réalité institutionnelle d’une Belgique en voie d’évaporation sous l’effet des affirmations de plus en plus tranchées des nationalistes flamands.

           

            Soyez présents le 25 avril, nous avons besoin de toutes les idées, de toutes les forces et de toutes les initiatives pour que la Ligue wallonne tienne sa partie dans le grand concert printanier.

 

Marie-Claire DALOZE-WILLIQUET   12 mars 2013

 

 SOMMAIRE (pour le contenu  :  nous contacter)

 

Politique

 

De l’art de se tirer une balle dans le pied                                                     Jean-Luc ROBERT

 

La réforme de l’arrondissement judiciaire de Bruxelles                               Jean-François GOOSSE

 

Les brèves du Wallon vigilant

 

Culture et littérature

 

Nos villes wallonnes (poèmes)                                                                     Marcel DARIMONT

 

Prix littéraire Richelieu de la Francophonie

 

Tri, mon cher souci                                                                                      La trieuse vigilante

 

En français, s’il vous plait !

 

Présidence irlandaise de l’UE                                                                      Jean QUATREMER

 

La STIB encore                                                                                            M-C D.

 

Anglaises,  nos poubelles ?                                                                          Gerfa

 

Communiqués

 

Assemblée plénière des membres de la Ligue wallonne le 25 avril

 

Vie des cercles

 

 

Dans ce numéro

le supplément France Wallonie Bruxelles

 





« 4 millions 7 »

Janvier 2013 (pas de parution en février 2013)

 

LE MOT DE LA PRÉSIDENTE

 

         Puisque le code des bonnes manières m’y autorise pendant tout le mois de janvier, je me réjouis, au nom des membres du conseil d’administration de la Ligue wallonne,  de vous présenter des vœux fervents pour l’année 2013. De mon enfance, remonte le souvenir de cartes dorées et pailletées portant, parmi branches et chalets chargés de neige, la triple mention : « Bonheur  Santé  Prospérité ».

 

         Le bonheur ? Les définitions en étant si personnelles et si variées, je me contenterai de vous le souhaiter « en gros », comme un colis contenant tout ce que vous désirez y trouver.

 

         La santé ? Bien sûr, c’est un peu plus prosaïque, mais sans elle, de quelle utilité seraient les autres souhaits ? Je vous la souhaite solide et adresse tous mes encouragements à ceux qui la voient chanceler et entreprennent de longues pérégrinations médicales.

 

         La prospérité ? Est-il bienséant de l’évoquer en cette période de crise financière et économique qui charrie chaque jour son convoi de fermetures d’entreprises et fait glisser au chômage des salariés qui déjà calculent au plus juste ?  Je préfèrerais remplacer ce vœu de « prospérité » par celui de « solidarité ». « L’exemple vient d’en haut »  énonçaient sans peine mes parents  qui incarnaient ce précepte au quotidien.  En matière de solidarité, force m’est de constater aujourd’hui que l’exemple ne vient ni d’une souveraine à la retraite, ni de « monstres sacrés » somptueusement gâtés -  dans les deux sens du terme -  par le  star system. La solidarité, il  faut la chercher ailleurs : dans les aides spontanées entre voisins qui s’arrangent pour récupérer les enfants à l’école en fonction de leurs horaires de travail, dans le covoiturage, dans les innombrables associations s’efforçant de réintégrer dans le tissu social ceux que les impitoyables lois de l’économie ou la maladie mentale ont exclus, dans les banques alimentaires ou les restos du cœur. Le journal Le Monde a publié, fin 2012, un gros volume intitulé « Une année formidable en France, 100 portraits de Français d’aujourd’hui ». Après avoir choisi de manière aléatoire huit lieux sur la carte, des journalistes sont partis à la rencontre de gens de tous âges et toutes conditions : militants, artisans, enseignants, simples citoyens soucieux du bien-être commun, pour qui le mot « solidarité » n’est pas vain et qui mériteraient de temps en temps un coup de projecteur médiatique.

 

         Solidarité, c’est cela aussi que nous voulons à la Ligue wallonne : solidarité entre la Wallonie, Bruxelles et sa périphérie. Nous formulons donc le vœu que la Fédération Wallonie Bruxelles prenne en 2013 tout son sens, son ampleur et sa vigueur, comme l’exprime Jean-Luc Robert en page…. Puissent les élus être lucides et résolus face aux appétits de la Flandre, conscients de la force qu’ils représentent.

 

         1913-2013 : centenaire de la Ligue wallonne ! Nous le célèbrerons le 12 octobre. Ce sera l’occasion de mesurer l’évolution accomplie en 100 ans : depuis la création d’un mouvement qui offrait des activités récréatives à des Wallons venus travailler à Bruxelles (à l’époque cela représentait un véritable exil) jusqu’au mouvement d’études et d’action voué à la défense des Francophones et des Wallons de Bruxelles qu’il est aujourd’hui. Occasion aussi de s’adapter davantage aux réalités actuelles. Nous vous annoncerons en temps utile le programme  de cette célébration et vous inviterons à vous y associer.

 

         En attendant, je vous souhaite une bonne lecture de ce « 4 millions 7 », vous y trouverez, entre autres, sous la plume de Jean-François Goosse, une analyse détaillée des retombées du message de Noël du roi. Pourquoi, est-il permis de se demander,  un message du chef de l’État à l’occasion d’une fête familiale  et/ou religieuse et non au 1er janvier ?

 

         Ce journal et notre mouvement sont vôtres, toute collaboration est la bienvenue.

 

Marie-Claire DALOZE-WILLIQUET

 

 

 

Sommaire  (pour le contenu  :  nous contacter)

 

Politique

 

Le roi, De Wever et les autres                                                 Jean-François GOOSSE

 

Le temps des incertitudes                                                             Jean-Luc  ROBERT

 

Les brèves du Wallon vigilant

 

Culture et littérature

 

« Sur le bout de la langue » livre de

Maurice Van Overbeke aux éditions

« Les Claines »                                                                                         Maroucha

 

Haïkus et Tankas                                                                              Robert LERUTH

 

Concours de textes de la Maison de la Francité

 

Concours d’écriture de l’Union culturelle wallonne

 

Petit clin d’œil aux habitants de Bruxelles-Capitale                                       Maroucha

 

Opinions

 

Consternation ou remords

 

Walen buiten

 

Annonces

 

81e Gala du folklore wallon  17 mars

 

Déjeuner de printemps de la LWRB  24 mars

 

Centenaire de la LWRB  12 octobre

 

 

Exceptionnellement, « 4 millions 7 » ne paraitra pas en février 2013

 

 

 

Dans ce numéro

Le supplément France Wallonie Bruxelles n° 12