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POURQUOI BHV NOUS CONCERNE TOUS |
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Guy MILCAMPS |
Une réflexion de Guy MILCAMPS, député-bourgmestre de Ciney, publiée dans le Courrier du quotidien Le Soir du mercredi 13 janvier 2010. Elle vous est présentée par Raymond WATRICE avec l’aimable autorisation de Guy Milcamps.
Dans un récent sondage, il ressortait que le dossier BHV n’était considéré comme prioritaire par seulement 22 % des Belges. En Wallonie, ce chiffre est encore moindre puisqu’il se situe à peine 15 %.
Les résultats du sondage ne sont guère surprenants. Nos concitoyens sont en effet quotidiennement confrontés à des difficultés bien plus concrètes, bien plus réelles : le pouvoir d’achat, l’équité sociale, l’emploi, la justice. Ces thèmes, et bien d’autres encore, représentent, à juste titre, les priorités absolues de nos concitoyens. Ces derniers peuvent donc légitimement s’interroger sur l’opportunité, pour leurs représentants, de passer une partie importante de leur temps sur un dossier de nature institutionnelle dont ils ne perçoivent pas l’intérêt.
La réponse réside naturellement dans la nécessaire protection des intérêts des minorités francophones en territoire flamand. C’est notre responsabilité première. Je dirais même historique. Il me parait important que chaque Wallon, chaque francophone de Belgique, même si préoccupé par les problèmes de son quotidien, admette que ses responsables politiques posent la défense des droits de ses concitoyens, où qu’ils résident, comme une de leurs priorités absolues.
Auguste Renan disait que l’investigation historique, les recherches dans le passé pouvaient faire resurgir des faits conflictuels qui empêchaient, quelquefois, d’aller de l’avant. Mais il posait comme postulat de départ l’envie d’aller de l’avant dans un esprit d’intérêt commun. Pas dans un souci d’intérêt particulier comme celui qui, jusqu’ici, a animé nos amis flamands. Dès lors, contrairement à ce qu’affirmait Renan, nous devons nous servir de l’histoire pour asseoir notre volonté. Notre fermeté.
Et que dit l’histoire ? Que dans sa déclaration de politique générale de 1961, le gouvernement de Théo Lefèvre faisait état de son intention d’établir un règlement durable des relations entre Flamands et Wallons. Que la protection des minorités francophones en Flandre (la périphérie) et la création de l’arrondissement de BHV étaient donc clairement, pour les francophones de l’époque, la contrepartie d’un clichage définitif de la frontière linguistique et d’une bilinguisation de Bruxelles. Le gouvernement Lefèvre l’avait clairement exprimé dans les discussions générales relatives à l’adoption des textes de 1962 et 1963. Le fait de supprimer le recensement à installer les minorités francophones en Flandre. Il fallait donc les protéger. Notamment par la création de l’arrondissement de BHV. Rappelons également que, depuis 1932, les six communes en question (Crainhem, Drogenbos, Linkebeek, Rhode-Saint-Genèse, Wemmel, Wezembeek-Oppem, Ndlr) jouissaient du même statut administratif que celles intégrées dans Bruxelles. Elles ne l’ont pas été en vertu d’un accord politique global. Enfin, d’importantes « protections » ont été attribuées aux minorités flamandes en Wallonie, pourtant très faibles numériquement. Le ministre de l’Intérieur de l’époque (Arthur Gilson, ndlr) avait eu ces mots très clairs : « Le schéma proposé est une construction d’ensemble, les dispositions se justifiant les unes par les autres. Toute addition réclamée par les uns risque d’entrainer des demandes de soustraction par les autres ».
Voilà donc pourquoi dans une logique communautaire et non pas de construction d’une nation, nous devons nous montrer loyaux mais fermes. Voilà pourquoi, même si l’intérêt de nos discussions institutionnelles, longues et interminables, par moments opaques, n’apparait pas de prime abord à nos concitoyens, il est important que chacun comprenne qu’il n’en va pas de caprices politiciens. Mais de solidarité. De défense des droits des minorités. De responsabilité historique.
Guy MILCAMPS |
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Date de parution : 01/02/2010 |
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