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POLITIQUE BELGE |
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Texte publié avec l’aimable autorisation de la Revue Générale |
b> PHILIPPE DUVIEUSART
Jean duvieusart
L’admiration et la piété filiales, sentiments bien naturels, risquent d’obérer l’objectivité et de déformer ma vision ; je m’accrocherai donc de près au travail d’un historien, Vincent Dujardin, auteur de l’ouvrage biographique sur Jean Duvieusart et qui est généralement considéré comme l’historien le plus spécialisé dans la période de l’après-guerre.
Jean Duvieusart est fils de notaire de campagne, docteur en droit, licencié en sciences politiques et sociales et candidat notaire, avocat profondément attaché à cette profession qui lui a assuré l’indépendance vis-à-vis de ses mandats politiques, indépendance à laquelle il attache grand prix, chrétien profondément mais sans rien de clérical, bien au contraire toujours soucieux de maintenir la séparation entre l’église et l’état, profondément social, d’une droiture exemplaire, rigoureux et très humain.
Ces qualités, il les met en pratique durant 45 ans de vie publique, au cours desquels il a exercé presque tous les mandats, de conseiller communal de son village à président du Parlement européen, de bourgmestre à Premier ministre et Président du Conseil européen.
J’aborderai cette action politique sous les quatre angles suivants : l’action du Ministre des Affaires économiques rétablissant la prospérité de la Belgique dans l’après-guerre, celle du Premier ministre pour la solution de la Question royale, celle du bâtisseur de l’Europe, celle enfin du Wallon, du Francophone belge dans la question scolaire et la question communautaire.
Ministre des Affaires économiques
De 1947 à 1950 et de 1952 à 1954, Jean Duvieusart a conduit l’essentiel de la remise sur pied de l’économie belge au lendemain de la guerre. Le rétablissement de l’appareil de production, le retour à la liberté des prix et la suppression des subsides, l’ouverture des frontières – notamment par la mise au point du Benelux – l’application du Plan Marshall et la création de l’OECE – devenue aujourd’hui l’OCDE – ont constitué les lignes directrices de cette action. Une action bénéficiant de la continuité dans la fonction – cinq ans –, alors qu’il succédait à cinq ministres différents à ce poste en trente mois. Citons, dans l’ordre industriel, le secteur automobile, où la question se pose au départ soit de la protection du marché intérieur pour permettre la relance d’une ou de plusieurs marques nationales – Imperia ou Minerva, certains se souviennent de publicités anciennes sur les pignons de maisons le long de routes de campagne « Les patriotes achètent des Minerva » –, soit, au contraire, d’une ouverture de ce marché à l’importation de pièces, mais pas de véhicules assemblés, accompagnée de mesures obligeant à une incorporation croissante de composantes belges ; le choix de cette seconde voie a permis la création d’importantes activités d’assemblage de voitures qui ont contribué précieusement à l’activité et à l’emploi au cours des soixante dernières années, avant que se produisent les tristes replis récents. Les premières reconversions et fermetures de charbonnages seront une autre préoccupation du ministre, problèmes à la solution desquels des fonds du Plan Marshall seront consacrés, problèmes qui seront également traités dans le cadre de la CECA à partir de 1952.
Mentionnons enfin que c’est sur proposition de Jean Duvieusart que le gouvernement Spaak décide en 1948 le principe de l’Expo 58, témoignage d’une Belgique joyeuse et prospère.
Convaincu que la personne humaine devait être au centre de l’action économique, Jean Duvieusart est à l’initiative de la loi de 1948 créant le Conseil central de l’Economie, les Conseils professionnels par secteurs et les Conseils d’entreprise, une réforme de structure qualifiée par l’économiste Fernand Baudhuin de pierre angulaire du système belge, de son modèle social.
Faisant en 1954 le bilan de ses cinq années comme ministre des Affaires économiques, le journal La Nation belge intitule son article Jean Duvieusart, l’artisan de notre prospérité.
La question royale
Abordons maintenant la période, courte mais aigüe, de la Question royale, née en 1940 du divorce entre le Roi et ses ministres. Ces derniers considéraient que l’engagement des Alliés en Belgique exigeait la poursuite de la lutte à leur côté, alors que le Roi considérait l’Angleterre et la France uniquement comme des garants ; ceux-ci n’ayant pu, selon lui, assurer leur mission, il décida d’arrêter la lutte le 28 mai 1940. Ces dissensions se sont aggravées au cours de la guerre en raison de la visite du Roi à Hitler à Berchtesgaden, de séjours peu opportuns en Autriche, de son mariage et, enfin, de manière assez déterminante, par le Testament politique du Roi au printemps 1944, véritable obstacle à une réconciliation nationale sur sa personne.
Au lendemain du référendum de 1950 donnant une majorité en faveur du retour de Léopold III, et après des élections qui amènent au Parlement une majorité favorable à ce retour, s’est posée la question du choix du Premier ministre en charge du retour du Roi. Le pays était très divisé et les menaces de troubles plus que sérieuses ; personne ne voulait assumer une aussi lourde responsabilité. Jean Duvieusart accepta cette périlleuse mission, non qu’il fût un royaliste exalté, mais, comme l’écrit Vincent Dujardin, un léopoldiste juridique . Duvieusart considérait en effet que la guerre avait créé une situation absolument hors normes dans laquelle chacun des acteurs : le Roi, les secrétaires généraux en charge de l’économie de la Belgique occupée et, bien entendu, le Gouvernement à Londres, s’étaient efforcés de remplir tant bien que mal leurs missions respectives, que, la paix revenue, il convenait de rechercher la réconciliation, de tourner la page, et que, en application du résultat du référendum et des élections qui permettaient un vote des Chambres constatant la fin de l’impossibilité de régner, le retour du Roi s’imposait. Il agit donc en vue de rappeler juridiquement le Roi en faisant voter par les Chambres la fin de l’impossibilité de régner et il ramena physiquement le Roi. Mais, politiquement, le retour pacifique rencontra une opposition large et déterminée mettant le pays en état pré-révolutionnaire : en juillet 1950, des troubles extrêmement graves éclatent ; le 30 juillet la gendarmerie acculée fait usage de ses armes, tuant trois manifestants. Une marche révolutionnaire sur Bruxelles se prépare pour le 1er aout et Spaak lance au ministre de l’Intérieur De Vleeshauwer l’ultimatum : S’il n’y a pas de solution définitive dans les 36 heures, nous balayerons votre roi, sa famille avec toute sa boutique et son bataclan. Le pays connaissait alors la crise interne la plus aigüe, la plus dramatique de son histoire. Cette crise trouvera sa solution lors du transfert des pouvoirs royaux à Baudouin, Prince royal, le 11 aout 1950. Jean Duvieusart a, dans ce cadre, apporté une solution qui a permis la survie du pays, de la monarchie et de la dynastie et mis définitivement fin à la Question royale.
Vincent Dujardin conclut le chapitre sur la Question royale dans les termes suivants : Ainsi il apparait que l’accord négocié par Jean Duvieusart renvoie non seulement à la meilleure, mais à la seule issue possible pour ceux qui voulaient avant tout sauver la monarchie. Les années qui ont suivi l’ont confirmé de manière éclatante. D’autre part, il y a des solutions qui ne sont rendues possibles qu’après des épisodes tragiques. On ne réécrit pas l’histoire, mais nul n’oserait imaginer la réaction qu’il y aurait eu en Flandre si Léopold III s’était effacé le 28 juillet – Dujardin fait référence ici aux trois morts de Grâce-Berleur et à la menace de marche révolutionnaire sur Bruxelles. Il poursuit : Rappelons enfin qu’en juin 1950 Jean Duvieusart est le seul – parmi ceux qui avaient été pressentis à la fonction de chef de gouvernement – à accepter une si périlleuse mission. Quarante-sept jours plus tard, c’est un rigoureux examen des faits qui l’a conduit à arrêter les décisions qui lui paraissaient être inéluctables, avec le soutien de la quasi-totalité de son cabinet – en fait de tous les ministres sauf un. Et ces décisions ont grandement contribué à sauver la monarchie. Tel est le jugement de l’historien.
L’Europe
Remontons un peu dans le temps et passons maintenant à l’action fondatrice de l’Europe : Jean Duvieusart participe le 8 mai 1950 à Paris à une réunion de cinq ministres des Affaires économiques européens, réunion au cours de laquelle Robert Schuman les informe de son plan de Communauté européenne du Charbon et de l’Acier, la CECA, plan dont il fera l’annonce publique le lendemain 9 mai. Dès ce moment Duvieusart soutient ce projet tant au niveau gouvernemental qu’au niveau parlementaire belge où il en sera le rapporteur. Cette communauté nouvelle est en effet parfaitement dans la ligne de ses aspirations de paix, de réconciliation et de construction européenne, dans la ligne aussi de son action antérieure pour le Benelux – souvent qualifié de laboratoire de l’Europe – et pour l’OECE, Organisation européenne de Coopération économique, réponse européenne au Plan Marshall.
Le traité CECA, résultat du Plan Schuman, loin de passer comme une lettre à la poste, a rencontré de vives oppositions, notamment de certains milieux industriels et politiques influents. Le Premier ministre Achille Van Acker ira jusqu’à déclarer qu’il fallait fusiller ceux qui avaient fait le Plan Schuman. Le traité fut même l’objet d’une réticence certaine du Palais sur la base de considérations de souveraineté nationale. Jean Duvieusart a joué un rôle important dans le passage de ce projet et dans sa laborieuse mise en application. En tant que ministre des Affaires économiques, il participera et présidera en 1952, 1953 et 1954 les premières réunions du Conseil des Ministres de la CECA, où il côtoiera Jean Monnet, premier président de la Haute Autorité.
Membre du Parlement européen (appelé Assemblée parlementaire européenne au démarrage) dès sa première réunion en 1958, Duvieusart en devient Vice-président en 1962 et Président en 1964 et 1965.
Cette action, à l’époque aussi, cet apostolat européen, s’inscrivent chez Jean Duvieusart dans une perspective plus large encore, il l’écrit : L’unité du monde se constitue organiquement entre de grands ensembles : les états-Unis, l’URSS, la Chine, l’Inde. Resterons-nous peuples européens à l’état de poussières ? Ou saurons-nous nous unir et créer l’Europe ? Saurons-nous réaliser cette œuvre dans la paix et pour la paix ? Donnerons-nous aux héros des deux guerres, ce suprême apaisement de voir amies, prospères et heureuses, les Patries pour lesquelles ils ont donné leur vie ? Il s’inspire dans cette vision de son maitre à penser, Teilhard de Chardin, évoquant la complexification progressive dans tous les domaines : Dans le domaine international, c’est cette complexification faite de collaboration que nous souhaitons.
Son action européenne il a voulu aussi l’étendre au Tiers Monde et il a notamment participé à l’action du Parlement européen dans plusieurs pays d’Afrique centrale.
la question scolaire ET LA QUESTION COMMUNAUTAIRE
Si l’engagement politique de Jean Duvieusart était inspiré par un sens de la res publica, de l’intérêt général, du service de l’état, la liberté de l’enseignement était une de ses convictions profondes. Son engagement avait été encouragé par son professeur de rhétorique. Duvieusart a donc porté une attention particulière aux problèmes scolaires dans sa commune ainsi qu’au Conseil provincial du Hainaut, où il défend l’enseignement technique catholique et particulièrement l’action éducative et sociale tenace des Aumôniers du Travail de Charleroi, institution dans laquelle il collaborera également en y donnant un cours de droit social.
à la fin des années 40, ministre des Affaires économiques, Jean Duvieusart avait négocié officieusement avec Camille Huysmans, son collègue à l’Instruction publique, au sujet de l’enseignement technique. En 1954, après quatre ans de gouvernement homogène social-chrétien, la gauche revient au pouvoir – la gauche selon la terminologie de l’époque, là où c’est la question scolaire qui fait la frontière entre la gauche – les libéraux et les socialistes – et la droite – les sociaux-chrétiens. Léo Collard, ministre de l’Instruction publique dans le gouvernement d’Achille Van Acker, déclare d’entrée de jeu que seul compte l’enseignement de l’état et agit en conséquence. La question scolaire devient le sujet brûlant de l’époque. Devant les mesures Collard, Duvieusart remonte en première ligne, au sénat cette fois : le PSC l’invite à participer à la Commission de l’instruction publique, où il mène ce combat. Après les tensions des années 54 à 58, le Pacte scolaire est conclu en 1958, pacte qui, pour Duvieusart – je le cite – … marque une date capitale dans l’Histoire de la Belgique indépendante. Il répondait au programme du PSC, dont les éléments en la matière me tiennent tant à cœur (…), en assurant la gratuité de l’enseignement secondaire, la multiplication des bourses d’études et le libre choix effectif des parents à l’égard de l’établissement qui aurait leur préférence. Il mettait fin à une série d’évènements qui au cours des 130 années d’indépendance nationale avaient souvent divisé les Belges et dont les dernières années avaient constitué une période particulièrement agitée et pénible. C’était une victoire de la justice et de la liberté (…). Après la question royale, la question scolaire cessait d’être une cause de division, de clivage de la vie politique belge.
La question du libre choix du père de famille, que le Pacte scolaire garantissait sur le plan des réseaux d’enseignement, allait bientôt se poser sur le plan linguistique et communautaire. Ceux qui, au PSC-CVP, avaient partagé les objectifs de pluralisme et de liberté allaient se diviser entre le maintien de leurs principes et l’application d’une politique de contrainte scolaire et linguistique. Jean Duvieusart a toujours été ouvert à la Flandre et y avait nombre d’amis. Il était sensible à l’aspect humain et social de ce qui s’est longtemps appelé la question flamande, la « vlaamse kwestie ». étudiant, alors que l’Université de Gand était encore francophone pour dix ans, il présente à Louvain certains de ses examens en flamand au début des années 20. Mais, dès les années trente, il proclame l’urgence que, face à l’émergence de la communauté flamande, les Wallons et les Francophones prennent conscience de leur identité et il y consacre articles et conférences qui ont un retentissement certain. Son attachement lucide à la Wallonie était bien enraciné : dès 1938, il dénonce la politique militaire d’inspiration flamande qui, abandonnant la défense des Ardennes, offrira un boulevard aux blindés hitlériens. à la même époque, il préconise la construction d’un parc autoroutier wallon et d’une autoroute moderne assurant la connexion des deux grands centres industriels wallons. Devenu parlementaire, il mettra toute sa ténacité à la réalisation de ce projet, devenu l’autoroute de Wallonie, inaugurée en 1974.
Face à la montée des pressions flamandes dans les années 60, cette action de Jean Duvieusart s’est développée, basée sur sa conviction que la terre appartient aux hommes et non les hommes à la terre, que le personnalisme et la liberté doivent l’emporter, alors que du côté flamand le droit du sol l’emporte sur le droit des gens. C’est avec quelque surprise et une profonde déception qu’il a vu ses amis du PSC-CVP, flamands mais aussi beaucoup de francophones, s’engager ou accepter cette voie, en violation des principes personnalistes qui avaient fondé le PSC-CVP et guidé sa politique dans la question scolaire. Mgr Philips, sénateur coopté par le PSC-CVP, lui avait objecté un jour : La liberté du père de famille existe au plan enseignement, mais pas au plan linguistique. Cela l’avait choqué.
Après plus de cinq ans de vains efforts de persuasion de ses collègues francophones du PSC-CVP, parti toujours unitaire à l’époque, Jean Duvieusart refuse de figurer, malgré l’invitation pressante qui lui en est faite, en tête de liste sénat du PSC-CVP à Charleroi pour les élections de 1965, décision courageuse et désintéressée après quarante ans d’action politique et alors qu’il est à ce moment président du Parlement européen. En 1965 encore, les parlementaires européens étaient cooptés par leur pays. En quittant le Sénat, Jean Duvieusart met donc fin prématurément à sa présidence du Parlement européen, une fonction à laquelle il est très attaché. Fidèle à sa conscience et à ses convictions, il en fait le sacrifice.
C’est à l’action sur le plan communautaire belge qu’il consacre la dernière étape de son action politique, qui l’amènera à la présidence de la fédération FDF-RW de 1968 à 1972. Son dernier message sera, quelques mois avant sa mort, un appel dans Le Soir invitant à l’application du fameux article 107 quater de la constitution, c’est à dire à la mise sur pied de la région de Bruxelles, une région dont il avait longtemps plaidé la constitution et l’établissement démocratique dans des frontières conformes à la volonté des habitants.
Et c’est à juste titre que Vincent Dujardin écrit : Les questions scolaire et linguistique et communautaire : même combat. Deux combats pour la liberté et la justice.
Conclusion
Concluons par un bref bilan. Le rétablissement économique de la Belgique après la guerre et l’introduction de structures permettant au modèle social belge de s’épanouir, la solution de la Question royale, le pacte scolaire, la construction de l’Europe : quatre défis à la solution desquels Jean Duvieusart a participé. Membre de la table ronde belgo-congolaise de janvier-février 1960, il a également été amené à participer, de manière mineure, à la question congolaise. Mais c’est à la position et à la solution des problèmes communautaires belges qu’il a, certes, sur la plus longue période – des années trente jusqu’à la fin de sa vie – consacré ses efforts. La création des régions wallonne et bruxelloise a constitué une étape fondamentale vers la solution de ces problèmes, mais l’aboutissement d’une solution démocratique aux problèmes dits communautaires est encore au futur. Il appartient aux Francophones, plus particulièrement aux Bruxellois, d’œuvrer avec conviction et fermeté à l’instauration d’un cadre institutionnel et géographique élargi qui assure l’épanouissement de la Région bruxelloise et les droits légitimes des habitants et qui, par la contigüité entre Germanie et Francité, lui permette la réalisation de sa vocation européenne, si bénéfique pour chacune des trois régions.
La partie n’est pas gagnée face au nationalisme flamand, dont l’objectif, après avoir encerclé Bruxelles dans un carcan, est de l’étouffer en l’incorporant dans une Flandre indépendante, ayant largué une Belgique éclatée. Un risque que Jean Duvieusart a perçu et contre lequel il a combattu. Ce chantier reste ouvert… pour combien de temps ?
DUJARDIN V., Jean Duvieusart (1900-1977), Bruxelles, Le Cri, 2001.
DUVIEUSART J., La question royale - Crise et dénouement : juin, juillet, août 1950, Bruxelles, Editions du CRISP, 1975. |
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Date de parution : 11/07/2010 |
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